incent De Haître se croise les doigts à l’aube de son retour en Coupe du monde de patinage de vitesse après une absence de trois ans et neuf mois.
L’athlète franco-ontarien s’est pointé en Europe, il y a une semaine et demie, avec le corps amoché. Il traîne des maux de dos.
À cela s’ajoute une élongation musculaire à l’aine qui l’a ralenti lors des essais nationaux, le mois dernier, à Calgary.
«Mon corps n’est pas ce qu’il était la dernière fois que j’ai patiné à ce niveau-ci», souligne De Haître, dont la dernière compétition internationale sur longue piste remonte aux Jeux olympiques de 2018, à PyeongChang.
Le reste de l’histoire est bien connu. Le natif de Cumberland est passé au cyclisme sur piste, participant aux Jeux l’été dernier à Tokyo.
À son retour au pays, De Haître s’est remis à l’entraînement sur patins.
« Je suis à haut risque de blessures en ce moment », avoue l’homme de 27 ans.
À quel point?
« D’un jour à l’autre, je ne sais pas si je vais pouvoir patiner. C’est pour ça que les physiothérapeutes sont là. »
C’est la raison aussi pourquoi De Haître se limitera à une seule course par étape de la Coupe du monde en première moitié de saison. Il va prendre le départ uniquement de l’épreuve du 1000 m ce week-end à Tomaszów Mazowiecki, en Pologne.
Même chose par la suite à Stavanger, en Norvège, puis Salt Lake City et Calgary.
Pas question de se taper des distances additionnelles.
« Je pousse déjà à la limite mon corps. C’est sur qu’il y a de l’inquiétude à savoir si je peux me rendre jusqu’au bout. »
De Haître cherche à se préqualifier en vue des Jeux olympiques. Sur papier, ça devrait être facile. On parle ici de l’ancien vice-champion du monde au 1000 m.
Mais en son absence, des rivaux ont gagné en vitesse et maturité. De nouveaux visages ont émergé aussi sur l’échiquier international.
« Ma technique est meilleure qu’avant. Mais en même temps, je n’ai pas pratiqué mes départs depuis les essais puisque j’étais blessé. »
De Haître se dit «un peu nerveux» en vue de son retour face aux patineurs européens, asiatiques et américains. « J’ai des attentes envers moi. Mais en même temps, je suis réaliste. Mon crops n’est pas à 100 % », précise-t-il.
Afin d’obtenir son billet olympique, le produit des Concordes de Gloucester devra être le meilleur Canadien de son épreuve à la conclusion des quatre premières étapes de la Coupe du monde. Sinon, il devra terminer dans le top 8, toutes nationalités confondues.
« Si on me compare avec ce que je faisais avant les Jeux de 2018, je devrais passer. Mais ça, c’était il y a trois ans et neuf mois. »
Trois autres patineurs de la région de la capitale nationale seront en action en Pologne. Ivanie Blondin et Isabelle Weidemann prendront le départ de plusieurs courses chez les femmes.
Quant à Jake Weidemann, le frère d’Isabelle, il a aussi fait le voyage. Il fait partie des petits nouveaux au sein de l’équipe.
« C’est justement mon cochambreur », souligne Vincent De Haître.